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Manon Hily, infirmière en soins intensifs et sportive de haut niveau !

le 10/09/2021

Ils œuvrent chaque jour pour le bien-être des patients et leur prise en charge optimale, coup de projecteur sur les collaborateurs(rices) de Ramsay santé. Manon Hily est infirmière en soins intensifs cardiaques, si elle exerce à l’Hôpital privé Clairval (Marseille, Provence-Alpes-Côte d'Azur) en semaine, ses temps libres se passent sur un mur d’escalade.

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?
Je suis infirmière en soins intensifs cardiaques depuis 2016. J’ai commencé à travailler sur les marchés l’été quand j’étais plus jeune, et j’ai rencontré beaucoup de personnes âgées. Je sentais que j’avais un contact facile. À côté de cela, je voulais faire médecine mais la charge de travail ne me convenait pas car je ne voulais pas arrêter les compétitions d’escalade.  

Quel a été votre parcours ? 
J’ai effectué toute ma scolarité à La Réunion. Je suis ensuite partie habiter à Marseille. J’y ai passé une année sabbatique, consacrée à la compétition d’escalade et une année de prépa infirmière. J’ai eu mon concours à Marseille l’année suivante. J’ai ensuite effectué mon stage pré professionnel à Clairval, dans le service où je travaille actuellement.
Côté escalade, j’ai commencé ma pratique au collège, lorsque j’avais 12 ans environ. L’année suivante, je participais déjà aux compétitions nationales et un an après, j’ai intégré l’équipe de France. J’y suis restée une grande partie de ma jeunesse, 5 ans au total. J’ai gagné plusieurs Coupes d’Europe et j’ai terminé 3e au Championnat du monde lors de ma dernière année. J’ai ensuite débuté ma carrière dans la catégorie adulte/senior. Il y a 2 ans, j’étais en équipe de France senior et je participais aux Coupes du monde. A ce moment-là je m’entrainais même pour les JO. Depuis, je ne fais plus de compétition, à cause de blessures et par choix personnel, mais je continue à m’entraîner, malgré le contexte sanitaire.

Comment parvenez-vous à conjuguer votre carrière d’infirmière et celle de sportive de haut niveau ? 
J’ai toujours eu besoin d’une vie normale, tout sauf celle d’une vie de sportive professionnelle. J’ai donc pris un poste en semaine, de 9h à 17h, dès le début de ma carrière professionnelle pour pouvoir continuer la compétition. 
Peu à peu, j’ai demandé un contrat à 80 % pour motif sportif, qui m’a été accordé.
Cela me permettait de me libérer du temps pour les compétitions, tout en étant financé pendant un an par la fédération et le département de la Réunion. De plus, mon cadre supérieur, très humain, m’a toujours soutenue dans mes projets sportifs, et ce, depuis le début. Il s’adapte à mon emploi du temps, c’est donc plus facile à gérer.

Comment se présente votre « semaine type » entre travail et entraînement ? 
Je travaille du mardi au vendredi de 9h à 17h et je m’entraîne le soir après le travail dans des salles privées, principalement dans la salle Arkose au Prado. Je m’entraîne aussi chez moi grâce à des outils spécifiques et je passe mes week-ends dehors, le plus souvent sur des falaises ! J’ai la chance d’habiter en face de mon lieu de travail. Donc je récupère assez facilement.


Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre quotidien ?
J’aime avoir deux vies parallèles. J’adore mon travail et l’ambiance à l’hôpital avec mes collègues. Je pense avoir créé des relations qui me rendent heureuse. Être infirmière me permet aussi de relativiser ma pratique sportive et de donner aux autres facilement. J’arrive à trouver un bon équilibre entre l’égoïsme de la sportive de haut niveau et la générosité du métier d’infirmière !
Paradoxalement, pour quelqu’un pratiquant un sport individuel, j’ai une personnalité très altruiste. D’ailleurs, avant je culpabilisais toujours que mon entourage s’adapte à ma vie de sportive. Maintenant je vis plus facilement les choses car cela va dans les deux sens.


Avez-vous un souvenir qui vous a marquée dans votre vie professionnelle récente ?
Ce qui me marque le plus c’est la crise sanitaire bien sûr et le stress qu’a pu engendrer mon métier. On rentre à la maison, et selon les caractères et la conscience professionnelle, on ne déconnecte pas forcément. Au début, je ne dormais pas et des informations me revenaient au milieu de la nuit. Cela a été difficile de vivre avec cela, d’un côté une boule au ventre en allant travailler et de l’autre, une difficulté à repartir, puis à déconnecter en rentrant chez moi. 
Impossible de penser à l’escalade à moment-là, j’étais en contact avec mes amis grimpeurs et mes sponsors. Mais tout ce monde du haut niveau me paraissait absurde face à ce que je vivais à l’hôpital. Cela fait beaucoup réfléchir et questionne sur la place de l’individualisme quand le monde est en crise.

Comment aimeriez-vous évoluer dans votre métier ?
Mon poste et le temps qu’il peut me libérer sont un grand atout pour ma pratique sportive. Toutefois, cela fait déjà 4 ans que j’occupe cette fonction et il y a beaucoup d’autres choses à découvrir quand on est infirmière. Mais j’avoue que pour l’instant, j’ai du mal à me projeter professionnellement.